[HOSPIMEDIA 13/06/14] A Dax et St-Nazaire, l’addiction prise en charge entre sanitaire et médico-social

Offre de soins À Dax et Saint-Nazaire, l’addiction est prise en charge entre sanitaire et médico-social
13/06/14 – 17h26
 HOSPIMEDIA

Lors des 4es Journées nationales de la Fédération Addiction, qui se sont tenues à Nantes les 12 et 13 juin, un atelier a été consacré aux expériences croisées de rapprochement entre établissements sanitaires et médico-sociaux spécialisés dans la prise en charge des addictions. Zoom sur Saint-Nazaire et Dax.
« Du médico-social au sanitaire ; du sanitaire au médico-social : comment travailler ensemble ? », tel était le thème de l’un des ateliers qui s’est tenu à Nantes lors du congrès de la Fédération Addiction. « La question se pose aujourd’hui en raison de la nécessité de mieux coordonner les professionnels qui travaillent dans les différentes structures en lien avec l’addiction. Des liaisons plus étroites sont nécessaires pour une meilleure prise en charge des patients concernés, qui ont besoin d’un meilleur suivi et pas d’une stigmatisation comme cela peut parfois être le cas dans certains services, malheureusement « , a souligné en préambule Nathalie Thietard, directrice d’Oppelia La Rose des vents, CH Saint Nazaire (Loire-Atlantique).
Les professionnels de deux territoires ont pu croiser leurs expériences : ceux du Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) de Dax (Landes), né en 2011 des suites de la fusion entre le Centre de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA) et le Centre de soins spécialisés aux toxicomanes (CSST) et d’autre part, ceux du Csapa/Caarud Oppelia La Rose des Vents de Saint-Nazaire, né en 2013 de la fusion du Csapa avec Oppelia La Rose des Vents, peu après l’intégration des équipes de liaison et de soins en addictologie (Elsa) au service d’addictologie en 2011.
Choc des cultures
À Dax, les équipes des deux structures se connaissent déjà mais c’est le « choc des cultures », indique Michaël Bernadet, éducateur spécialisé. « La rencontre du sanitaire et du médico-social donne lieu à des échanges vifs entre équipes », ajoute-t-il. Avec à la clé, une prise en charge plus cohérente. Claude Roche Debordes, médecin de l’unité d’addictologie, souligne « un meilleur accompagnement des sevrages » rendus plus complexes depuis le début des années 2000 avec l’augmentation du nombre de patients poly-consommateurs de produits addictifs. En 2013, quelque 1 400 patients ont été pris en charge dans la structure daxoise. « Contrairement aux idées reçues, il est donc possible de rapprocher des établissements publics et des structures associatives ! », souligne Claude Roche Debordes.
Patients poly-consommateurs
À Saint Nazaire, même constat qu’à Dax : « Des patients poly-consommateurs plus nombreux, qui présentent non plus seulement une dépendance à l’alcool mais aussi à certains médicaments, et qui se sentent relativement mal accueillis à l’hôpital », indique Florence Martinez, psychiatre de l’équipe de liaison. Au moment de la fusion, force est de reconnaître que les professionnels « n’ont pas du tout les mêmes cultures institutionnelles ». Mais le travail de coordination avance bien, en raison de « l’absence de rivalité entre les équipes », ajoute la psychiatre. Six mois après sa création, la structure nazairienne a reçu quelque 200 patients et la montée en charge de la file active devrait être rapide.
De part et d’autre, quels sont les obstacles ? Le premier frein est la divergence dans la notion d’urgence. « Jusqu’où attendre ? Le temps de l’urgence n’est pas le même pour les professionnels du sanitaire et pour ceux du médico-social », souligne Claude Roche Debordes. Le second est le partage de l’information et du secret médical, les dossiers étant en général traités lors de staffs communs hebdomadaires. Philippe Levassor, médecin au Csapa/Caarud de Saint Nazaire, souligne enfin « un certain isolement des intervenants dans cette consultation avancée », lié à un manque de moyens. Les professionnels interviennent sur des temps séparés, ce qui est peu propice à la concertation. Il appelle à dépasser la pluridisciplinarité, « en développant une plus grande transdisciplinarité ». En plus du budget de fonctionnement, l’ARS Pays de la Loire a alloué fin 2013 une enveloppe complémentaire non reconductible de 30 000€ dédiée au soutien des professionnels de premier recours.
Néanmoins, le bilan est déjà très positif : l’accès aux soins est élargi à l’ensemble de la population de la presqu’île guérandaise, et plus seulement aux habitants de Saint-Nazaire. Surtout, ces structures vont dans le sens d’une dé-stigmatisation des personnes présentant des addictions : « Nous recevons des personnes de tout milieu social, concernées par tout type d’addictions. Ce n’est ni l’hôpital ni un centre dédié aux toxicomanies mais un autre endroit, où l’on peut venir consulter de façon plus anonyme », indique Philippe Levassor.
Sophie Cousin

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